Info News :
24
December

Le Chef de l’Etat ivoirien, Alassane Ouattara a reçu ce samedi 23 décembre2017 en sa résidence privée de Cocody-Riviéra Golf, le ministre sénégalais des Affaires Etrangères et des sénégalais de l’Extérieur, Sidiki Kaba qui, aux termes de l’Audience qui aura duré plus d’une heure d’horloge, a indiqué que l’accent a été mis sur le renforcement des relations bilatérales existant entre les deux pays. 

« L’accent a été mis sur les relations fraternelles et amicales que les deux chefs d’Etat, Macky Sall et Alassane Ouattara cultivent ensemble », a déclaré l’émissaire du Président sénégalais soulignant que la Côte d’Ivoire et le Sénégal étant deux pays membres fondateurs de l’UEMOA, l’Union Africaine (UA) et de la CEDEAO, ils se doivent un soutien mutuel. Et pour traduire cette volonté dans les faits, il était important que le Sénégal se rende à Abidjan pour témoigner sa solidarité à la désignation du Ministre Jean-Claude Brou à la tête de la commission de la CEDEAO. « Le Sénégal soutient la Côte d’Ivoire dans le cadre du choix qui a été porté sur le ministre de l’Industrie ivoirien qui préside désormais aux destinées de la Présidence de la Commission de la CEDEAO. C’est un choix qui a été accepté au niveau du Sommet d’Abuja’, a indiqué M. KABA soulignant que  cette désignation entre dans la vision de l’UEMOA, notamment sur la manière qu’il faut désormais travailler dans cet espace. 

Selon le ministre sénégalais des Affaires Etrangères la Côte d’Ivoire et le Sénégal ayant décidé de se soutenir dans le travail ensemble au moment où la Côte d’Ivoire quitte le Conseil des Droits de l’Homme, et l’entrée du Sénégal dans ce Conseil, Il doit y avoir une continuité comme si la Côte d’Ivoire y était toujours. Parce qu’estime-t-il, il s’agit de voir comment les questions peuvent être traitées de manière adéquate.

Aussi, a indiqué le ministre Sidiki Kaba, les deux chefs d’Etat ivoirien et sénégalais ont vu la nécessité qu’il faut réparer l’injustice historique faite au Continent noir qui n’a pas de membres permanents au Conseil de Sécurité de l’Onu. « Dans la gouvernance mondiale, c’est une anomalie. Parce qu’on continue de traiter les questions de l’Afrique, les crises et les conflits sans l’Afrique comme si l’Afrique est un enfant dont on doit traiter les questions par l’intermédiaire d’autres personnes. Je pense qu’un travail sera fait aussi pour aller vers l’adoption de cette mesure qui va réparer cette injustice historique », a expliqué l’émissaire du président Macky Sall qui a remercié les autorités ivoiriennes pour avoir relevé le défi de la mobilisation lors du sommet UA-UE qui rassemblé 85 chefs d’Etat dans la capitale économique ivoirienne. 

JEN

23
December

Le Directeur Général de l’Agence Nationale d’Appui au Développement Rural (ANADER), Siriki Cissé qui a décidé d’encourager les résultats techniques de ses agents, organise chaque fin d’année un arbre de Noel à l’intention des enfants de ses collaborateurs.

Ainsi, la direction régionale de San-Pedro (dans le Sud-Ouest de la Côte d’Ivoire), n’est pas restée en marge de cette vision. Ce vendredi 22 décembre 2017,  les enfants des agents de ladite Direction ont reçu des mains de père Noël au centre culturel municipal de la ville des jouets pour la fête.

Accompagnés de leurs parents, ces tous petits, de un mois à onze ans, superbement habillés, ont reçu chacun, l’un après l’autre, des mains du père noël, des cadeaux. Tous joyeux, ces enfants ont dans la ferveur et la gaieté dansés au rythme des sonorités les plus en vogue du moment.

 Le directeur régional, Coulibaly Hamadou a dit sa joie de voir les enfants de ses collaborateurs joyeux en cette fête de noël. Il a alors félicité son équipe pour le travail abattu au cours de cette année 2017.

«C’est vraiment, un sentiment de satisfaction,  en tant que Directeur régional et en tant que père. Parce que, autant que moi votre Directeur et vous les collaborateurs, nous sommes tous contents de voir nos enfants partir avec les mains chargées de cadeaux. Pour moi, cet acte est un élément de considération et de motivation », a indiqué M. Coulibaly.

Selon l’agent Mono Kouassi Blaise, le sourire sur les lèvres de son fils est une motivation supplémentaire pour le travail.

«L’année dernière, mon fils a eu un vélo et cette année encore, il a reçu un bon jouet. Je suis  très content, et je dis merci à mes patrons pour ce geste qu’ils initient chaque année, pour mettre la joie dans le cœur de nos enfants nous rend fort», a t-il indiqué.

Zétia

22
December

Ils sont 415 fonctionnaires qui ont reçu ce vendredi 22 décembre 2017 la reconnaissance de l’Etat pour plusieurs années de loyaux services rendus. 67 faits commandeurs dans l’ordre du mérite de la Fonction Publique, 131 Officiers et 217 Chevaliers.

Parmi ces grands serviteurs de l’Etat, on retrouve le Président du Conseil Constitutionnel, KONE Mamadou p, le préfet Aliali Kouadio et Kabran Kouamé, Inspecteur d’Etat au ministère de la jeunesse et du service civique tous faits commandeurs dans l’ordre du mérite de la Fonction Publique et aussi le vaillant Commissaire Principal YAO BOITENIN Eugène qui recevait ce jour, sa 5è médaille pour sa loyauté dans le travail bien fait.

Rappelant les critères du choix des récipiendaires du jour, le Ministre ivoirien de la Fonction Publique, le Général ISSA Coulibaly invite à continuer sur cette voie afin de faire de ce département ministériel important, la vitrine d’une ‘‘Côte d’Ivoire transparente, moderne et efficace’’.

« Vous êtes à l’honneur pour avoir su porter les valeurs de la ponctualité, de discipline, de probité, de rigueur et d’efficacité dans le travail qui permettent à la Côte d’Ivoire d’avancer sûrement et sereinement vers l’émergence à l’horizon 2020 », a indiqué le Ministre ISSA Coulibaly pour qui ces qualités professionnelles ont un impact considérable sur l’action de l’Etat et de la Fonction Publique.

Estimant qu’un grand nombre de fonctionnaires et Agents de l’Etat méritent tous, au même titre que les récipiendaires du jour, le premier responsable des fonctionnaires, les a invités à ne pas baisser les bras, car affirme-t-il ‘‘leurs efforts dans le travail seront, tôt ou tard, reconnus et recevront, à leur tour, la reconnaissance de la Nation.  

Aussi pour épouser la vision du Chef de l’Etat, Alassane Ouattara qui recommande l’avènement d’un ‘‘ivoirien nouveau’’, le Ministre de la Fonction Publique invite tous les fonctionnaires à œuvrer pour que cet ‘‘ivoirien nouveau’’ prenne racine effectivement dans l’Administration Publique ivoirienne.

Pour les récipiendaires, il faut accompagner ces distinctions par un certain nombre d’avantages qui pourraient être l’élément motivant à l’efficacité dans le travail.

« Nous souhaitons que des avantages soient associés à ces distinction pour plus de motivation chez le travailleur », a plaidé le préfet de région de Soubré Aliali Kouadio, porte-parole des récipiendaires après avoir traduit la reconnaissance de tous ses collègues au Chef de l’Etat Alassane Ouattara.

JEN      

21
December

Le mercredi 20 décembre 2017 un hommage a été rendu à Dia Djahi, qui fait valoir ses droits à la retraite après 36 ans de services. La triple cérémonie s’est déroulée dans la cours de la Direction Régionale du commerce de San-Pedro. Cette rencontre pleine d'émotion s’est déroulée, en présence du corps préfectoral et du Directeur régional, Guiragbou Séraphin. Ce dernier a saisi cette occasion pour remercier son collaborateur pour son implication dans la réalisation de certaines performances malgré les difficultés enregistrées.

En fonction depuis, le 1er juillet 1980, Dia Djahi, a servi à  Abidjan, Abengourou, Korogo et Sassandra avant d’être  affecté à San-Pedro le 1er juillet 2014, où il a passé tout le restant de sa vie professionnelle.  

Âgé de 60 ans, Dia Djahi, était un  inspecteur de prix à la Direction Régionale du commerce de San-Pedro.

Prenant la parole, M. Dia a adressé ses vifs remerciements au Directeur régional, d'avoir organisé cette cérémonie à son honneur. 

« Je voudrais adresser, mes sincères remerciements au directeur régional, pour cette marque d’amitié dorée. Nous avons passé deux ans ensemble dans de bonnes conditions avec tous les collaborateurs avec qui aujourd’hui nous formons une famille », a-t-il affirmé. Pour lui, cette collaboration  doit demeurer solide et plus forte, cependant, estime-t-il ceci passe par la volonté des agents encore en service. ‘‘Ils doivent se battre pour garder le cap’’ avance-t-il.

«C’est vrai, je fais valoir mes droits à la retraite, mais je suis-là et à tous moment, je peux apporter ma petite pierre », a-t-il conclu.

Bloadé Didier et Dahi David, (ex-contrôleurs de prix), ont ensuite été félicité pour leur admission au concours d’inspecteur de prix. Pour ce concours national, la Direction régionale de San-Pedro a eu ses deux agents admis sur les cinq places disponibles.

 

Pour cette période des fêtes de Noel, le directeur n’a pas fait dans la dentelle, dans sa quête de semer la joie dans le cœur des tout petits, il a permis à ses collaborateurs de rentrer chez eux, les mains chargées de présents.

Un verre d’amitié et un buffet bien garni a mis fin à ces trois temps forts célébrés.

Zétia

21
December

Désormais les journalistes ivoiriens s’octroyer un ordinateur à moindre coût. 120.000 FCFA le montant convenu entre les organisations professionnelles de la presse et l’ansut, structure en charge de la vulgarisation de l’opération ‘‘un citoyen, un ordinateur’’. L’annonce de ce programme a été faite ce jeudi par le président du Conseil National de la Presse (CNP) qui avait à ses côtés le président de l’Union National des Journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI) et celui de la Commission d’Attribution de la Carte d’Identité de Journaliste Professionnel (CIJP). Pour parvenir un ce forfait, souligne Aboulaye Sanogo Villard les discussions ont démarré en avril 2017

Les caractéristiques de cet ordinateur de marque ‘‘acer’’ livré directement de la maison mère possède 15 puces qui peut s’étendre à 16 puces avec 4GO de RAM, 500 Giga de disque du dure. Le promoteur, ansut offre 12 mois de garanti, un service après-vente.

Pour l’avoir, les journalistes ont la possibilité de payer cash ou à selon leur possibilité financière par mensualité sur un semestre avant livraison qui dont se charge le CNP de le leur remettre.

« C’est une opportunité à saisir », a indiqué le président du CNP Raphael Lakpé en guise d’invitation faite aux journalistes à s’en procurer afin d’être efficace dans l’exercice du métier à l’ère du numérique où l’information court à la vitesse d’un éclair. « Car pour être efficace, il faut être outillé », a-t-il soutenu.   

Cette opération uniquement dédiée à 750 journalistes professionnels (548) et professionnels de la communication (257) a été rendue possible grâce à l’implication personnelle du Ministre de la Communication, de l’Economie Numérique et de la Poste, Bruno Koné Nabagné, a souligné le coordonnateur du programme ‘‘un citoyen, un ordinateur.

Ne peuvent effectivement bénéficier de cette offre exceptionnelle que les journalistes professionnels et professionnels de la Communication dont la liste validée pour cette session a déjà été transmise à l’ansut.

En attendant le lancement officiel des inscriptions qui se fera en ligne sur le site de l’ansut, l’UNJCI a entamé le recensement des intéressés.  

JEN

                                         

16
December

Le journaliste-écrivain et analyste politique ivoirien André Silver Konan a été invité à prononcer une conférence inaugurale, le jeudi 14 décembre 2017, à l’Université catholique d’Afrique de l’ouest (UCAO) à l’occasion de la rentrée académique de l’Institut supérieur de la communication (Iscom). Ci-dessous sa déclaration liminaire.

Interrogé pour donner le nom de trois journalistes de télé publique, une étudiant n’a pu donner que le nom  que d’une journaliste et un autre celui d’un ancien journaliste. Dans un amphithéâtre de deux cent étudiants, nous n’avons pu avoir le nom d’un troisième journaliste de la RTI. Aucun étudiant parmi vous, n’a pu donner le nom d’un seul journaliste de télé privée en Côte d’Ivoire. Enfin, un étudiant a pu trouver le nom de trois journalistes de la presse publique, tous de la génération partie à la retraite dont deux sont d’ailleurs enseignants ici à l’UCAO. Cet exercice que je vous ai fait faire, à l’entame de cette conférence inaugurale n’est pas vain, vous saurez pourquoi tout  à l’heure.

Mon commentaire

Je vais vous faire part de mon propre commentaire, en rapport justement avec le thème qui nous réunit ici, à savoir « Etat de la liberté des médias en Côte d’Ivoire ». Etant entendu que, pour nous, il faut comprendre par médias, tout l’ensemble de la presse audio, visuelle, numérique et imprimée.

Si presque tous, vous ne connaissez pas le nom de nombreux journalistes de la télé publique, l’explication est simple. Vous ne regardez pas la RTI. Si vous n’avez pas pu donner un seul nom d’un journaliste de télé privée en Côte d’Ivoire, la raison est aussi toute simple : nous sommes dans un pays encore marqué par un monopole des médias publics. La Côte d’Ivoire est l’un des rares pays d’Afrique de l’ouest où la libéralisation de l’espace audiovisuel n’est pas encore une réalité, en dépit des déclarations publiques de bonnes intentions des dirigeants. La vérité est qu’au-delà de la transition vers le numérique brandie comme explication, les pouvoirs publics ont peur de l’émergence de télés politiques privées qui viendraient mettre un terme à la pensée unique prônée depuis toujours par et dans les médias d’Etat. Mais cette peur ne se justifie pas, pour deux raisons.

Première raison : les pays d’Afrique de l’ouest qui ont libéralisé leur espace audiovisuel depuis plusieurs années, ne subissent pas de révolution populaire (puisque c’est ce dont nos dirigeants ont le plus peur), depuis tout ce temps. Pour dire que le ciel de la démocratie n’est tombé sur la tête d’aucun dirigeant dans ces pays.

Deuxième raison et je vais poser une autre question. Répondez sans avoir peur, nous sommes entre nous, d’abord entre intellectuels, ensuite entre communicateurs et/ou futurs journalistes. Un journaliste ne saurait avoir peur de sa propre opinion. Pour mettre tout le monde à l’aise, j’aimerais que ceux qui pensent que le pays marche comme ils le souhaitent, en matière de liberté et de démocratie, lèvent la main et que ceux qui pensent que le pays ne marche comme ils le souhaitent, toujours en matière de liberté et de démocratie ou qui n’ont pas d’opinion à exprimer sur la question, ne lèvent pas les mains.

J’ai posé cette question, ce n’est pas pour faire de la politique mais juste vous démontrer qu’en dépit du monopole total des médias d’Etat, en Côte d’Ivoire, l’opinion publique politique n’est pas totalement acquise aux autorités en place. A preuve : dans cet amphithéâtre, aussi surprenant que cela puisse paraître (parce que je m'attendais quand même à avoir des mains en l'air), personne n'a levé la main, pour marquer son adhésion à la politique conduite par le pouvoir, en matière de liberté et de démocratie. En clair, les reportages institutionnels de la RTI ne suffisent pas à former l’opinion politique du grand public en Côte d’Ivoire.

Pour ces deux raisons, il est à la fois vain et inconséquent de maintenir l’état actuel de caporalisation des médias. Surtout que cette caporalisation fait perdre des points, au pays, au classement mondial de la liberté de la presse.

En effet, quand bien même ce classement s’est nettement amélioré (et j’expliquerai pourquoi), ces dix dernières années, la Côte d’Ivoire fait toujours partie des pays qui n’offrent pas un libre accès aux médias.

2009 : la Côte d’Ivoire est classée 104è au tableau de la liberté de la presse, sur 170 pays.

2011 : 118è

2012 : 159è, un record ! Qui peut nous expliquer pourquoi ? Vous le comprendrez aisément, la crise postélectorale est passée par là.

2015 : 86e

2016 : 86è

2017 : 81è

Le champion africain en matière de liberté de la presse en 2017 est la Namibie. Classement mondial : 24è, soit 57 points entre elle et la Côte d’Ivoire. 57 points. La Namibie est suivie du Ghana 26è, du Cap Vert 27è, de l’Afrique du Sud 31è, du Burkina Faso 42è. Tenez-vous bien, le Burkina Faso est classé avant les Etats-Unis 43è, et après la France 39è et le Royaume-Uni, 40è. A la tête du classement mondial se trouve la Norvège et au bas de ce classement, la Corée du Nord, précédée de l’Érythrée. En Afrique, la Côte d’Ivoire vient après les pays que j’ai cités plus tôt, mais aussi après le Botswana, la Mauritanie, Madagascar, le Sénégal, le Niger, la Guinée-Bissau et le Bénin.

Mais pourquoi la Côte d’Ivoire a ce rang peu honorable ?

Bien sûr, j’ai relevé plus haut la caporalisation des médias publics qui est l’un des facteurs. Mais il y a aussi les violations qui touchent directement à la fois l’intégrité déontologique, physique et constitutionnelle du journaliste. Je vais donner juste trois faits récents qui vont accréditer ma position que je développerai.

12 février 2017 : six journalistes et directeurs de publication des journaux suivants : Notre Voie (proche du FPI – tendance Affi N’guessan), Le Temps (proche du FPI, tendance Aboudramane Sangaré), Soir Info et L’Inter (indépendants) sont arrêtés, détenus à la gendarmerie, puis libérés deux jours plus tard. Le parquet les accusait d’avoir divulgué de fausses informations et d’avoir incité des soldats à la révolte. Rappelez-vous, c’était l’époque des mutineries et ces médias avaient déclaré qu’un accord financier avait été trouvé entre les mutins et le gouvernement. Nous sommes tous dans ce pays, et chacun sait qu’en dépit des négations, de l’argent a été versé aux mutins.

23 avril 2017 : Un journaliste politique est suspendu de ses fonctions au quotidien L’Expression (proche du RDR) après un article paru à la « une » de son journal, qui avait pour titre : « Président l'heure est grave – Attention à la bombe sociale !»

07 octobre 2017 : un journaliste du site d’informations ‘’ IMatin.net ‘’ est battu par des hommes en tenue militaire commis à la sécurisation du déguerpissement des environs de l’abattoir de Port-Bouët.

Que retenir de ces trois faits, qui ne sont pas exhaustifs ? Eh bien, que certaines personnes veulent réduire au silence des journalistes qui essayent soit de dévoiler des informations tenues secrètes et que le public a le droit de savoir (au nom du droit du public à l’information et au nom du devoir d’information du journaliste), soit d’interpeller le pouvoir sur des situations que vivent des Ivoiriens. C’est comme si on disait aux journalistes : « Circulez, il n’y a rien à voir ici, fermez vos grandes gueules, il n’y a rien à dire ici ».

En cela, le pouvoir du RHDP a juste changé de style, comparé à celui du FPI. Il y a dix ans, vous étiez encore très jeunes, c’était le déchirage des journaux, alors proches de l’opposition. C’était stupide, mais des partisans du pouvoir le faisaient quand même. Ils arrivaient dans un kiosque à journaux, ils arrachaient les journaux proches de l’opposition, les déchiraient et s’en allaient. Il y avait le saccage ou l’incendie des rédactions jugées non favorables au pouvoir de Laurent Gbagbo. C’étaient des méthodes violentes, voyantes. Aujourd’hui, les méthodes sont moins voyantes, donc plus sournoises. C’est une subtile chape de plomb qui pèse sur la presse, avec le pouvoir RHDP.

Et on en revient à notre exercice du départ. Pourquoi aucun parmi vous ne connait de journalistes presse célèbres de la nouvelle génération ? Parce que pour être célèbre dans la corporation des journalistes, il faut toucher du doigt les problèmes de la majorité, or la chape de plomb empêche bien de journalistes d’aller au fond des faits. Ils ont peur, comme de nombreux Ivoiriens d’ailleurs qui ne sauront pas dire pourquoi ils ont peur de parler, de qui ou de quoi ils ont peur. Les gens l’ignorent, mais plusieurs journalistes sont en exil depuis l’avènement du pouvoir RHDP et ce n’est pas un exil en rapport avec la crise postélectorale. Non, ces journalistes sont souvent issus de rédactions pourtant favorables au pouvoir, mais ils ont préféré partir à cause de la chape de plomb mais aussi de menaces directes qu’ils ont reçu. Qui menace les journalistes ? Qui les empêche de dire, d’écrire ce qu’ils voient ou entendent ? Très peu de journalistes exerçant dans une rédaction nationale pourront vous le dire avec précision, ils préfèrent se réfugier dans le silence de l’autocensure.

Menace sur la liberté d’expression

Mais plus grave encore, en mai dernier, le gouvernement a tenté d’étendre la sphère de l’autocensure à tout le monde. Je dis bien, tout le monde, c’est à dire, vous, vos enseignants, vos parents, vos amis, tout le monde.

En effet, une nouvelle loi que nous avons combattue et qui a d’ailleurs été retirée à l’assemblée nationale, disait : « Est puni d'un emprisonnement d'un an à cinq ans et d'une amende de 300 000 à 3 000 000 de FCFA, quiconque par voie de presse ou par tout autre moyen de publication : incite au vol et au pillage, au meurtre, à l'incendie et à la destruction (...), à toutes formes de violences exercées à l'encontre de personnes physiques et morales (...) ; incite à la xénophobie, à la haine tribale, à la haine religieuse, à la haine raciale et à la haine sous toutes ses formes ».

Le postulat de protection des individus contre le vol, le meurtre, la haine, etc. est beau et juste, j’y suis favorable, mais quelque chose ne vous a pas échappé dans cette phrase ?

Ce petit amendement de quelques lignes s’il passe un jour, constituera un recul historique pas seulement de la liberté de la presse, mais surtout de la liberté d’expression. En effet, il pose trois problèmes. Un : il vise quiconque, donc tout le monde et pas seulement des journalistes. Deux : il vise « tout autre moyen de publication », donc vos murs, nos murs Facebook, les groupes Whatsapp, même vos affichages dans vos quartiers. Trois : le contenu qu’on donne « à la haine sous toutes ses formes » est malicieux. C’est un long serpent de mer juridique comme « l’offense au chef de l’Etat » qui fait partie des facteurs qui continue de plomber notre classement au tableau de la liberté de la presse. La justice a souvent arrêté des journalistes pour « offense au chef de l’Etat », mais ceci est une hérésie de droit.

En effet, ce qui serait offensant pour moi, n’est pas forcément offensant pour le chef d’Etat et pire, un procureur ne peut pas décréter qu’un article est offensant pour le chef de l’Etat, puisque le sentiment d’offense est personnel.

Pour conclure, je dirais que nous sommes au 21è siècle, la Côte d’Ivoire est classée 81è au tableau mondial de la liberté de la presse, c’est un bon prodigieux comparé à notre classement, il y dix ans. Certaines personnes peuvent en être fières, eh bien moi non. Parce que je suis de ceux qui pensent que l’Africain de notre génération doit radicalement se défaire de son art de se contenter de peu !

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