06
January

Interview/Cissé Sindou, (PCA) à propos de l’Assurance santé de la MS-Médias : « Tous les adhérents peuvent déjà bénéficier de la couverture »

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Interview/Cissé Sindou, (PCA) à propos de l’Assurance santé de la MS-Médias :

« Tous les adhérents peuvent déjà bénéficier de la couverture »

L’assurance santé de la Mutuelle générale des agents des medias  privés  de Côte d’Ivoire est une réalité. Le Président du conseil d’administration, Cissé Sindou, donne des détails de ce projet exceptionnel dédié aux travailleurs des médias ivoiriens.

L’assurance santé de la Mutuelle générale des agents des medias  privés  de Côte d’Ivoire (MS-Médias) est entrée en vigueur le 1er janvier 2018. Qu’est-ce que cela implique pour les assurés?

L’entrée en vigueur de cette assurance signifie concrètement que depuis le 1er janvier, les assurés de la MS-Médias qui ont déjà reçu leurs nouvelles cartes peuvent bénéficier des prestations et d’une couverture de 80% dans le réseau des cliniques et pharmacies publié par la MS-Médias, avec un ticket modérateur de 20%,c’est-à-dire que vous ne payez que 20% des frais.  Cette entrée en vigueur signifie également que les assurés qui n’ont pas encore reçu la nouvelle carte MS-Médias, mais qui possèdent la carte d’assurance 2017 Gepci-Atlas peuvent, en attendant de recevoir la carte MS-Médias les jours à venir,  bénéficier des prestations dans le réseau de soins de la MS-Médias.  Enfin, les souscripteurs  qui étaient dans d’autres assurances, qui ont déjà déposé leurs bulletins d’adhésion MS-Médias  remplis, mais qui  n’ont pas encore reçu leurs cartes sont également couverts dans le réseau MS-Médias. S’il s’agit d’une consultation, ils peuvent payer les frais et se faire rembourser à hauteur de 80% du coût de la prestation. Mais s’il s’agit d’une hospitalisation, ils appellent les services de la MS-Médias qui se chargera d’entrer en contact avec la clinique pour que la prise en charge se fasse. 

Quel est le point de la délivrance des nouvelles cartes ?

Nous voulons rassurer tout le monde, l’édition et la délivrance des cartes   qui a commencé la semaine dernière se poursuivent. Notre partenaire   Atlas, nous a signalé un problème technique qui a ralenti l’édition pendant le week-end. Il s’est employé à résoudre cela. Les éditions ont repris. Mais des lots de cartes éditées depuis la semaine dernière sont en cours de distribution. Même hier (Mardi 2 janvier 2018, Ndlr) des entreprises ont reçu leurs lots.    Au fur et à mesure, nous allons à un rythme croissant. Mais comme je l’ai expliqué plus haut, des dispositions sont prises pour que ceux qui n’ont pas encore leurs cartes, bénéficient des prestations.

Quelles sont les prestations auxquelles les assurés ont droit?

Ils ont droit aux consultations en médecine générale  et en spécialité, les soins de maternité, l’hospitalisation, les soins chirurgicaux  tous les soins de base en matière de santé. Ces soins sont couverts selon un barème  mis à la disposition de tous les assurés. Ceux qui ne l’ont pas encore peuvent l’avoir auprès  des délégués MS-Médias de leur entreprise.  Le cas échéant, ils peuvent appeler les services de la MS-Médias.    Les prix des prestations  peuvent varier d’un établissement sanitaire à un autre. Mais nous avons bataillé pour que la MS-Médias bénéficie des prix assez abordables.

Les assurés de la MS-Médias ont-ils droit à des établissements de prestiges et de spécialités ?

Notre réseau de soins a été choisi par les agents eux-mêmes à partir du réseau de soins d’Atlas. Ils ont choisi les meilleurs établissements. Le tri fait est qualitatif. Tous les établissements ayant un plateau technique de pointe et offrant les meilleures prestations sont dans notre réseau. Mieux, même les établissements qui arrivent, comme le CHU d’Angré, nous envisageons des démarches pour les intégrer dans notre réseau.

Combien de personnes sont-elles visées par cette assurance ?

L’objectif que nous nous sommes fixé  pour le démarrage  était de 500 souscripteurs. Ce qui donne, à peu près, 3 000 bénéficiaires à raison de six bénéficiaires par souscription. D’ici la fin de l’année, nous visons 1 000 souscripteurs. Aujourd’hui avec la mobilisation des entreprises de tous les secteurs, presse en ligne, radios, presse écrite, le cap des 500 est atteint. Chaque jour qui passe, les adhésions continuent.

Il y a certes l’assurance santé, mais aussi le Fonds de solidarité de la MS-Médias…

L’objectif de ce fonds est de donner un visage plus social aux prestations de la mutuelle. Il va au-delà de l’assurance maladie et vient matérialiser la solidarité entre nous. Qu’on soit de la presse écrite, en ligne, des radios, le rapprochement est fait aujourd’hui grâce à la MS-Médias. Qu’on soit journaliste, technicien, agent de l’administration, on se connaît de plus en plus. Le fonds intervient en cas d’évènements heureux ou malheureux. Nous avons les naissances, les mariages, les décès des souscripteurs ou leurs ascendants ou descendants. Les montants des appuis vont de 50.000F à 200.000 FCfa. La cotisation est de 2000 F/mois.

Outre l’assurance santé et le Fonds de solidarité, il y a un projet immobilier en vue…

Oui. Avec la MS-Médias, c’est un vide qui est comblé au sein du secteur. Il y a beaucoup d’associations, mais chacun a son champ d’action. Le projet immobilier vise à faciliter l’accès à la propriété foncière ou même au logement. Tout dépendra de notre mobilisation. Plus nous serons mobilisés, plus nous serons forts, plus nous gagnerons.

Quel est votre message aux employés des médias ?

C’est la mobilisation. Avant l’assemblée générale, pendant cette AG et aujourd’hui, nous avons senti cette mobilisation. Il faut continuer dans cette lancée. La MS-Médias est là pour apporter un mieux-être aux acteurs des médias. Nous mettons l’accent aussi sur la prévention. Nous avons conclu un partenariat avec la Fondation de l’Institut de cardiologie pour des dépistages gratuits des maladies cardiovasculaires, l’hypertension artérielle, le diabète. Nous irons plus loin pour avoir accès à d’autres examens médicaux pour traiter les maux de façon précoce. A termes, nous mettrons en place une caisse d’épargne retraite.

Réalisée par Sanou A.

 

04
April

Interview exclusive / Lognigué Emmanuel YEO (DG de LYNAYS) : « La Côte d’Ivoire doit miser sur le ‘‘Système Intelligent de Gestion des Mouvements d’Energie’’ pour aller à l’industrialisation »

Publié dans Economie - Business

Dans un entretien que nous a accordé le Directeur Général de LYNAYS, la Côte d’Ivoire peut-être autosuffisant en énergie si, une politique de gestion des mouvements d’énergie sont bien maitrisés.  De ce fait, il propose des ‘‘coffrets intelligents’’ afin de contribuer à l’autosuffisance de cet énergie dans le pays.

Comment se porte le secteur de l’Energie en générale et celui du secteur des Energies renouvelables en particulier en Côte d’Ivoire ?

Le secteur de l’Energie de façon générale se porte bien. Mais la situation d’être en bonne santé est relative en termes d’énergie en Côte d’Ivoire. Pour le moment on se porte bien dans l’ensemble. Mais pendant combien de temps on pourra s’en sortir ? Parce qu’il faut reconnaitre que la demande en énergie est assez énorme. Chaque année, il y a une croissance, une nouvelle demande, l’économie évolue. La croissance économique est tellement rapide que vous pouvez être autosuffisant ce mois, mais le mois prochain, il suffit qu’une grande unité industriel s’installe quelque part, un groupe vienne implanter une usine, deux usines chez vous,  du coup, vous ne pouvez plus avoir suffisamment d’énergie. Une entreprise solide qui descend en Côte d’Ivoire peut faire que nous pouvons passer d’une situation d’autosuffisance en énergie à une situation où nous ne pouvons pas satisfaire plusieurs villes dans le pays.

Est-ce à dire aujourd’hui que la Côte d’Ivoire est menacée en matière d’énergie ?

Oui. Si aujourd’hui nous voulons atteindre notre objectif d’industrialisation, on ne pourra pas tenir avec la quantité d’énergie que nous avons.  C’est d’ailleurs ce qui fait que le gouvernement a pris des dispositions pour  multiplier le parc énergétique actuel par deux. Puisqu’on parle d’installer au moins 4 000 mw d’ici 2020, 2030.  Pour dire que les autorités sont déjà conscientes de la situation.  Si on doit s’industrialiser, si on doit maintenir cette croissance actuelle du point de vue économique, il va falloir de façon sérieuse, prendre des dispositions concrètes pour mettre en place un système d’autosuffisance en énergie.

Selon vous quel doit être ce système ?

 C’est « le Système Intelligent de Gestion des mouvements d’Energie » qui est une innovation/invention de LYNAYS enregistré à l’OIPI et OAPI.  Ce système, grâce à ses coffrets électriques Intelligents permet à chaque consommateur de devenir producteur d’énergie. Cette solution a remporté le 24 Mars 2018 la Médaille d’Or au Salon International des Inventions et Innovations d’Abidjan au Palais de la culture. Il va falloir impliquer également les énergies renouvelables.

De façon plus simple quelle est la différence entre énergie renouvelable et l’énergie simple ?

L’Energie renouvelable comme son nom l’indique,  se renouvelle. C’est-à-dire, c’est une source d’énergie qui est capable de se reconstituer plus tard. Par exemple vous prenez une source d’énergie comme le soleil, de façon naturelle, chaque matin, le soleil se renouvelle. Après la nuit, le matin on s’attend à ce qu’il est du soleil. Et donc, du fait que ce soleil est capable de se renouveler chaque matin, elle constitue une source qui n’est pas épuisable. Ce n’est pas la même situation lorsque vous partez acheter du pétrole dans un gros bidon ou du carburant que vous mettez dans un générateur diesel, vous l’utilisez pendant quelques heures et puis le diesel est fini. Et donc ce n’est pas renouvelable. Pour ce faire, les énergies renouvelable vont vraiment jouer leur rôle et ont leur place pour pouvoir soutenir les efforts du développement économique. Du point de vue économique, il faut que la part réservée aux énergies renouvelables devienne de plus en plus considérable pour nous permettre de maintenir notre situation  d’autosuffisance en énergie et de pouvoir s’industrialiser. Mais préalablement à cela, pour qu’on puisse mettre en place les énergies renouvelables, c’est-à-dire, passer à la transition énergétique, d’une situation de fossiles, de l’énergie de pétrole à une énergie durable, c’est-à-dire à une énergie à base du renouvelable, il nous faut avoir l’efficacité énergétique active.

Qu’est-ce que l’efficacité énergétique active pour le commun des mortels ?

Elle consiste à faire la gestion intelligente des mouvements d’énergie. En d’autres termes, l’efficacité énergétique active consiste  à soumettre tout équipement consommateur d’énergie à une instruction protocolaire de fonctionnement en fonction des contraintes de budget et de production. Pour y arriver il faudra faire en sorte que chaque abonné ait un coffret intelligent de gestion des mouvements d’énergie.

Cela est-il possible ?

C’est possible en prenant d’abord conscience qu’au moins, 1/3 des énergies mis à la disposition des entreprises, des ménages, des industriels est gaspillé en ce sens qu’elle ne produit rien de concret qui contribue au développement économique du ménage, de l’entreprise et de l’industriel. L’énergie est gaspillée lorsqu’elle n’a pas contribué à produire quelque chose d’utile. Par exemple, je prends une entreprise où les travailleurs ne sont pas ceux qui paient la facture. Vous prenez par exemple, une maison d’assurance, une banque, ce sont des services. Ils ont beaucoup de climatiseurs, etc. Le weekend, ils peuvent oublier d’éteindre les split de 5, 10 chevaux, qui sont en train de tourner toute la nuit, tout le weekend. On peut avoir à faire à un weekend prolongé. C’est 3 à 4 jours après qu’on revient constater qu’on a gaspillé toute cette énergie. On a glacé ou éclairé tous ces grands espaces pour rien. On ouvre les fenêtres, les portes, on allume les climatiseurs dans les halls,  on climatise dehors… Tout cela constitue le gaspillage d’énergie. Tout cela constitue une grande menace pour le secteur d’électricité. Et donc pour résoudre cela, nous avons des outils que nous appelons des coffrets électriques intelligents. Il y a plusieurs séries.

Quelles sont ces séries ?

Il y a le coffret électrique intelligent TLJ 100, le TLJ 200, le TLJ 400, le TLJ 800 ainsi de suite en fonction de la taille. Il y a aussi un autre qui est spécial qui s’appelle le comportement énergétique. Il y a aussi le TLJ 10 qui est la première étape. Avec ces outils, vous donnez des instructions à tous les consommateurs d’énergie qui sont dans vos entreprises ou dans votre résidence, votre bâtiment… Ces outils feront en sorte que tout ce qui est dans votre maison fonctionne juste au moment où il faut, dans l’endroit où il faut et jamais quand ce n’est pas nécessaire. Par exemple quand il ne voit pas quelqu’un dans un lieu, il ne va pas autoriser qu’on climatise ou éclaire ce lieu. Il ne va pas permettre qu’on ouvre un robinet pour puiser de l’eau sans autorisation. Il va demander à quoi va servir cette eau. S’il constate que vous avez puisé plus que ce qui devrait être utilisé, il va commencer à fermer les robinets. Ce coffret s’appelle, le coffret intelligent de gestion des mouvements d’eau potable. Tous ces éléments mis ensemble, cela va permettre à chacun d’être efficients et efficace dans l’utilisation de l’énergie et de l’eau mis à sa disposition. Avec cela, on va réduire au niveau national (ménages, le secteur tertiaire, les industriels…), les demandes d’au moins 1/3.  Si on le fait très bien, on peut arriver à une réduction de moitié. Et si on y arrive, ce sera une grande victoire. Avec ce résultat, c’est comme on avait produit la moitié de l’électricité existante.   

Est-ce que la Côte d’Ivoire a vraiment les ressources pour pouvoir mettre à disposition les outils que vous avez cités ? Comment sont conçus les TLJ et par qui ?

Pour le moment, les coffrets électriques intelligents basés sur le système intelligent de gestion des mouvements d’énergie sont des créations, des inventions de LYNAYS effectivement enregistrées à l’Office africain de la propriété intellectuelle (OAPI). Ce sont des innovations  ivoiriennes. Le concept a été présenté récemment en novembre 2017 à la conférence des Nations Unies sur le climat à Born en Allemagne. Ces coffrets ont également obtenue la médaille d’OR le 24 Mars 2018 lors du Salon International des Innovations d’Abidjan. Il y a vraiment eu un engouement autour de ces innovations.  Parce que c’est un concept nouveau qui est indispensable non seulement sur le continent Africain, mais sur l’ensemble des 05 continents. Si on veut résister à tous ces TIC qui consomment beaucoup d’énergie, alors les coffrets intelligents sont plus qu’indispensables. Vous imaginez aujourd’hui, une seule personne à en moyenne 3 téléphones. Et si dans une maison si vous êtes 5 adultes,  cela fait 15 téléphones, juste dans une petite maison. Quand on multiplie cela par des millions de ménages vous voyez ce que cela fait. Déjà en Côte d’Ivoire on a plus d’un million d’abonnés. Prenons seulement un million d’abonnés. Puisque chaque abonné sous-entend une maison, considérons au moins 5 personnes qui ont au moins 15 téléphones multiplié par 1 millions, cela fait au moins 15 millions de téléphones. Et la consommation énergétique de ces téléphones. Vous voyez comment les petits téléphones consomment sans compter les grands centres et toutes les infrastructures qui sont liées à cela. Pour vous dire que la demande d’énergie est excessive. Et pour cela, pour  une nation comme la Côte d’Ivoire, pour les nations qui nous entourent, il va falloir être suffisamment créatif, innovant pour créer des systèmes moins chers pour nous permettre d’entrer dans une forme d’autosuffisance en énergie pour atteindre nos objectifs de développement sans trop dépenser.  Et l’une des meilleures manières de le faire, c’est la gestion intelligente des mouvements de l’énergie. Cela vous permet de consommer juste ce dont vous avez besoin.  Donc pas de gaspillage. Et cela nous permet d’éliminer au moins 30% d’une demande qui n’est pas du tout nécessaire.

Y a-t-il des coffrets suffisamment disponibles pour chacun   ?

Cela fait 10 ans qu’on a suffisamment travaillé sur ces différentes solutions. Et aujourd’hui nous avons la capacité requise sur le plan technique (au niveau des ressources humaines), et aussi en termes de capacité de production pour pouvoir satisfaire tout le monde. Parce qu’on a de petits coffrets adaptés aux gens qui construisent de petites maisons de 3 pièces. Par exemple le TLJ 100 est fait pour ce type de maison. On l’a fait de telle sorte qu’il soit modulaire. Les coffrets sont disponibles pour tous les types de demandes, en vue de vous permettre de vivre tranquille en termes de sécurité électrique, de consommation et de contribuer à votre manière à la production d’énergie, à l’autosuffisance d’énergie du pays. Toutefois, nous souhaitons encore travailler pour diminuer le prix. Parce que si nous réussissons à produire en grande quantité, les prix peuvent chuter à plus de 30% voire de 40%  si on réussit à atteindre un certain volume de production.

Avez-vous approché les entreprises immobilières ou l’ordre des architectes pour voir dans quelle mesure vous pouvez leur faire ces offres ?

Effectivement, il y a déjà un bon nombre d’architectes qui travaillent avec nous. C’est-à-dire quand ils ont des plans de conception, généralement, ils nous approchent et nous intégrons les systèmes de gestion intelligente déjà dans la conception. Nous sommes actuellement sur au moins 05 projets ici en Côte d’Ivoire. Nous avons même des sollicitations à l’étranger, dans les pays de la Cedeao et dans les pays hors Cedeao qui sont en Afrique de l’Est comme le Rwanda, le Congo Rdc, le Lesotho, la Tanzanie…

Avez-vous des représentations dans ces pays ?

Pour le moment, nous n’avons pas officialisé ces représentations mais nous sommes en train de travailler sur des partenariats. Parce que nous avons des sollicitations des gens qui vont être des représentants dans ces pays. Nous sommes en train de développer un modèle type qui pourra s’appliquer  à tous les représentants de ces pays qui souhaitent utiliser la technologie ivoirienne dans leurs installations.

Les marchés qui brûlent en Côte d’Ivoire constituent un problème crucial pour la Côte d’Ivoire. N’y a-t-il pas de solutions avec ces coffrets intelligents ?

Vous avez 100% raison. Vous savez qu’en 2017, Lynays a été lauréat du 2ème prix d’Excellence au niveau national. Et comme les deuxièmes prix d’Excellence sont délivrés par le Ministère de tutelle, c’est le Ministère du Commerce et de l’Artisanat qui nous a donc remis ce prix en décembre dernier. J’ai même échangé avec un des collaborateurs du ministre du Commerce pour dire que nous allons proposer une solution par rapport aux marchés qui brûlent. Parce que nous ne pouvons plus accepter ces genres de situation. Si quelqu’un verse de l’essence quelque part et allume une buchette d’allumette pour provoquer un incendie, nous ne pourrons rien y faire. C’est un acte à volonté que nous ne pouvons pas tout à fait maîtriser avec une technologie électrique.  Par contre, tout incendie qui est lié à l’électricité, avec notre système de surveillance des mouvements d’énergie, on peut prévenir le départ du feu. Nous n’allons pas intervenir pour éteindre le feu. Mais nous allons faire en sorte d’arrêter les éléments qui vont provoquer le départ du feu. C’est ce que nous appelons la sécurité augmentée. Si vous vous référez à la définition du coffret intelligent, il est écrit que le coffret intelligent TLJ 100 est non seulement équipé de sécurité renforcée, mais contient surtout de l’intelligent électrique permettant de régler la consommation d’électricité de 15 à 45%. Donc, il y a déjà la sécurité renforcée. Parce que quand l’électricité doit produire du feu, qu’est-ce qui se passe ? Le courant au lieu d’aller là où il est supposé partir, il laisse ce travail normal pour créer une situation de feu qui n’est pas sa trajectoire normale. Donc déjà nous avons la possibilité de détecter qu’il n’est pas en train de faire son travail avant que le feu ne s’active et de couper le circuit. C’est ce que nous appelons la surveillance permanente des mouvements d’énergie. Cela va avec le coffret que nous avons présenté qui s’appelle le comportement énergétique.  

Du 09 au 12 mai 2018, l’AIENR dont vous êtes le vice-président organise la 1ère édition du Salon international des énergies renouvelables  et de l’efficacité énergétique à Abidjan. Quelle sera la contribution de Lynays à ce salon ?

Notre participation va consister à présenter des solutions concrètes. Des solutions capable de réduire la cherté de la vie, d’aider les populations à réduire leur consommation d’énergie, aider les entreprises à être plus compétitives sur le marché. Nous allons par exemple avoir en exposition, des coffrets électriques intelligents de la série TLJ. Il aura aussi la série des coffrets de gestion de l’eau potable. On aura aussi des coffrets spécialisés dans la gestion, l’analyse, la surveillance du comportement énergétique des sites afin de pouvoir améliorer ces différents comportements. Donc, il aura beaucoup d’outils concrets que nous allons présenter et que les visiteurs pourront acheter. Parce que nous avons fixé des prix (coûts) spéciaux pour le salon. Avec des remises qui peuvent allez jusqu’à 20%. Nous sommes en train d’étudier ces remises qui pourront aller jusqu’à 25%  pendant les jours du salon.  Nous aurons aussi un pavillon où nous allons former tous ceux qui vont s’inscrire sur le thème de l’efficacité énergétique active. Parce qu’il y a deux types d’efficacité énergétique. Il y a l’active et le passive. Nous n’allons pas trop parler de la partie passive parce qu’elle consiste seulement à faire le choix de bons appareils, remplacer les anciens appareils par les nouveaux qui sont moins énergivores.

Qu’allez-vous faire au sujet de l’efficacité énergétique active ?

Ce que nous allons vraiment faire là-bas, en termes de formation, ce sera d’expliquer et de faire des cours scientifiques assez simplifiés, avec au finish la délivrance de certificats de formation pour dire que vous avez assisté et bien compris. Parce qu’il aura une forme d’évaluation. Et pendant ces cours, nous allons expliquer la gestion intelligente des mouvements d’énergie pour aboutir à des économies d’énergie active. Montrez comment cela peut transformer la vie des populations, transformer leur quotidien. Parce que vous savez, d’ici quelques années, les universités, les grandes écoles…, vont commencer à enseigner ce concept.  Car nous allons finir par dépendre de cela comme nous dépendons aujourd’hui du téléphone mobile.  L’avantage qu’on a en Côte d’Ivoire, c’est que cette fois-ci, c’est la Côte d’Ivoire qui va exporter au lieu  d’importer. Quand nous sommes allés à la conférence des Nations Unies à Born en Allemagne, il y avait plusieurs exposants. Nous avons travaillé avec l’Office européen des brevets. Mais quand nous avons présenté notre exposé, nous avons vu la différence que cela à créer. C’était unique et cela a le potentiel de transformer la planète. Et d’ailleurs, c’est pour cela que nous avons été invités. Pour dire que tous ces concepts seront délivrés comme des formations au public qui sera présent. Nous voulons plus axer notre action sur la formation des Ivoiriens. Nous voulons leur donner les connaissances nécessaires pour qu’ils puissent poser eux-mêmes des actions.

Est-ce qu’il aura la vente de coffrets ?

Effectivement. Voilà comment ça se passe. Pour protéger notre propre réputation, quand vous allez  acheter un coffret à ce salon, nous vous donnons un contrat. Tout cela compris dans le prix. Pour vous dire que c’est nous qui installons votre coffret, nous inspectons vos installations et même faire des rectifications sur vos installations si c’est une nouvelle construction. Et pendant un an, nous vous offrons un service après-vente de suivi et de maintenance gratuits. Donc il y a un avantage pour ceux qui vont acquérir les coffrets pendant le salon.

Réalisée Par N’Da Eugène et Benoît Kadjo

(Première partie)

 

19
February

Mahamadou ZONGO (Ambassadeur du Burkina en Côte d’Ivoire) à, propos de la carte consulaire : « Je réaffirme que la carte est biométrique »

Publié dans Politique

Cela exactement plus d’un an et demi que l’Ambassadeur Mahamadou Zongo est en poste à Abidjan. Pour la première fois, le successeur de Justin Koutaba sur les bords de la lagune ébrié, le Sociologue diplomate et ancien Conseiller Spécial du Premier Ministre Paul KabaThiéba, a décidé de dire sa part de vérité à travers un entretien qui a porté sur plusieurs sujets qui fâchent : la désorganisation de la communauté burkinabè, le vote des Burkinabè de l’étranger à la présidentielle 2020, le difficile accouchement du Club des hommes d’affaires, l’épineuse question des cartes consulaires, ses absences remarquées aux cérémonies organisées par les associations, les conflits de chefferies, etc. C’était le mercredi 14 février 2018.

Vous avez présenté vos lettres de créance au Président de la République SEM Alassane Ouattara, il y a un peu plus d’un an. Comment vous sentez-vous dans vos habits de diplomate ?

En effet, j’ai présenté mes lettres de créance au Président de la République de Côte d’Ivoire, Son Excellence M. Alassane Ouattara le 21 juillet 2016 et,  bien avant, j’ai assuré des fonctions au niveau du Burkina. J’ai été chef du département de Sociologie, j’ai été le directeur de l’UFR des Sciences humaines de l’Université Ouaga 1 et,  en mars 2016, j’ai été nommé Conseiller Spécial du Premier Ministre. C’est donc une suite logique au niveau de l’Administration. Ce qui fait que je n’ai pas eu de difficultés particulières ici. L’accueil qui m’a été réservé par les Conseillers  qui assuraient la direction de la Représentation diplomatique m’a permis de rentrer très vite dans mes habits de diplomate. Je voudrais profiter de votre micro pour remercier du fond du cœur le ministre Conseiller Ouattara Kléna qui a assuré l’intérim à l’époque, il était le Chargé d’affaires. C’est avec lui que j’ai esquissé mes premiers pas dans le milieu diplomatique et son accompagnement et son expérience m’ont permis de l’aborder sans marcher sur les œufs. Je voudrais aussi remercier l’ensemble des Conseillers de la Représentation, les Consuls, celui d’Abidjan qui est rentré, de Bouaké, et le Consul Honoraire de Soubré. Ils m’ont tous permis de prendre mes fonctions de façon sereine.

En quoi consiste précisément votre mission en Côte d’Ivoire ? Votre nomination dans l’élan de la réactivation du Traité d’Amitié et de Coopération entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire est-il intrinsèquement lié à ce traité d’intégration ?

Ma nomination n’est pas liée intrinsèquement à la réactivation du Traité d’Amitié et de Coopération Ivoiro-Burkinabè. Je pourrais me permettre de vous rappeler que l’Ambassade du Burkina en Côte d’Ivoire existe depuis 1960 et a toujours eu un ambassadeur de façon continue. C’est dans la suite logique des choses que j’ai été nommé en remplacement de mon prédécesseur, l’ambassadeur Justin Koutaba. La mission que son Excellence Roch Marc Christian Kaboré m’a confiée en me nommant en Côte d’Ivoire porte sur quatre points. Il s’agit, dans un premier temps,  de travailler à renforcer les relations d’amitié et de bon voisinage avec la Côte d’Ivoire. Un pays avec lequel nous avons des relations entremêlées ; il me plaît de rappeler qu’entre 1932 et 1947, la frontière nord de la Côte d’Ivoire allait jusqu’à Tenkodogo. Il faut donc travailler à renforcer cette relation de fraternité qui va au-delà de l’amitié. Deuxièmement, c’est travailler à organiser la communauté pour qu’elle puisse, de façon efficace,  participer aussi bien au renforcement de la cohésion en Côte d’Ivoire et qu’au développement du Burkina Faso. Le troisième point, c’est de travailler à ce que les Burkinabè entretiennent de bonnes relations avec ceux qui nous ont accueillis. C’est-à-dire nos tuteurs qui,  depuis longtemps, ont fait preuve d’hospitalité. C’est donc de travailler à ce que les relations entre les deux populations se réalisent dans la perfection. Et, enfin,  le quatrième point, c’est de travailler à ce que les Burkinabè de Côte d’Ivoire intensifient  leurs rapports avec le Burkina Faso.

Que vous a dit le Président du Faso, SEM Roch Marc Kaboré en vous nommant  en République de Côte d’Ivoire ?

Au-delà de cette mission,  le Président du Faso a été très ferme sur le rôle qu’un ambassadeur doit jouer. Il a beaucoup mis l’accent sur le comportement républicain de l’ambassadeur et, au-delà de l’ambassadeur, tous ceux qui travaillent à l’ambassade. Nous devrons travailler dans le respect des normes qui permettent aux Burkinabè de se retrouver dans ce que nous faisons sans aucune distinction.

Succéder à une personnalité si marquée et très politique comme  votre prédécesseur Justin Koutaba est-il un atout ou alors un obstacle dans l’exercice de votre fonction ?

L’Ambassadeur Justin Kouataba a été nommé à l’instar de tous les ambassadeurs. Il avait une lettre de mission et c’est  cette lettre qui a guidé son action. Avant lui, d’autres ambassadeurs sont arrivés en  Côte d’Ivoire et ont agi selon la lettre de mission qui leur était confiée. Ce n’est donc pas une question de succession d’une personne. Un ambassadeur a pour tâche de représenter son pays et la tâche de l’ambassadeur dépend de la nature des relations que son pays entretient avec le pays d’accueil. Je n’ai pas de difficultés particulières en Côte d’Ivoire depuis que je suis là. Je n’ai pas senti quoi que ce soit qui puisse me dire que dans les rapports entre la Côte d’Ivoire et le Burkina, il y a quelque chose qui mérite d’être signalée. Il faut donc aller au-delà des personnes.

Il se dit que vous et votre prédécesseur, Koutaba ne vous êtes jamais appelés au téléphone,  ni rencontrés depuis que vous avez pris fonction ?

Je trouve qu’on met beaucoup d’accent sur les questions individuelles mais ce n’est pas très important. Ce qui importe, c’est que quand un Ambassadeur arrive, il hérite de ce que ses prédécesseurs ont fait. Et dans ce qu’ils ont fait, il y a toujours quelque  chose de solide qu’il faut renforcer. Il y a aussi des aspects qu’il faut corriger. C’est ça qu’il faut prendre en considération et non les questions personnelles. Je n’ai pas de problèmes particuliers  avec l’ambassadeur Koutaba. Je me rappelle qu’il a été directeur de l’UFR des Sciences Humaines quand moi j’étais chef du département. Il n’y a pas de problème entre lui et moi et dans le cadre du travail que nous menons ici, il n’y a pas d’interférences entre les questions personnelles et les questions institutionnelles. Je ne trouve pas une pertinence particulière à cette question.

C’est un si haut cadre de la politique sinon de la diplomatie burkinabè et on se dit que vous ne pouvez pas faire abstraction de son avis, son opinion ou son regard. Vous pourriez l’intégrer en tant que sociologue plutôt que de l’ignorer ?

Je suis là en tant que diplomate et non en tant que sociologue. Ce que je voudrais dire c’est qu’il y a beaucoup de hauts cadres burkinabè en Côte d’Ivoire. Il y a beaucoup d’expertises et les portes de l’Ambassade restent toujours ouvertes à tous ceux qui ont un avis ou une opinion. Mais je voudrais quand même rappeler que le travail de la Représentation diplomatique est organisé selon un certain nombre de services qui,  au-delà des personnes,  impriment la marque déposée du pays. L’individualité des ambassadeurs contribue à donner un éclat à la Représentation mais le travail technique est fait par les diplomates de carrière qui sont là et dont l’avis permet d’assurer la continuité. Ce n’est donc pas une question de personnes. Et comme je l’ai dit,  les portes de la Représentation sont ouvertes.

Vous avez effectué des tournées auprès de vos compatriotes dans la Côte d’Ivoire profonde. Quel constat vous êtes-vous fait sur leur vie et leur niveau d’organisation ?

Après la présentation de mes lettres de créance en juillet, j’ai commencé mes premières tournées en octobre 2016, précisément à l’ouest dans les régions de la Nawa, de San Pedro. J’ai été dans les campagnes. L’objectif c’était de toucher du doigt ce qu’est le quotidien du Burkinabè, car très souvent on a l’impression que ceux qui sont à l’intérieur ne sont pas pris en compte. Et de ces tournées, il ressort que beaucoup de nos compatriotes évoluent dans le domaine de l’agriculture avec un degré de désorganisation assez marquée. Partout où on passe, on note des divisions au sein de la communauté. Des divisions aussi bien sur le plan de la chefferie que des associations. Ce qui ne permet pas à la communauté d’avoir une capacité d’actions bien structurée. Ce qui est encore frappant, c’est qu’à l’ouest, il y a des zones où presque 80% de la population n’ont pas d’actes de naissance. Je ne parle même pas de la scolarisation. L’autre constat,  c’est qu’au regard de ce que les Burkinabè pratiquaient beaucoup plus, c’est-à-dire l’agriculture, beaucoup de compatriotes  se retrouvent aujourd’hui désemparés parce que la forêt est finie. La fin de la forêt constitue un problème pour eux parce qu’ils n’ont pas d’autres activités que l’agriculture. Voilà,  en gros,  le constat que je peux faire de mes tournées.

Excellence, vous venez d’évoquer les questions de conflits de chefferie et de leadership qui minent la communauté burkinabè en Côte d’Ivoire. Ce qui est somme toute une réalité. Quelle thérapie proposez-vous du moment où le mal est diagnostiqué ?

Vous avez raison de poser la question parce que ce qui frappe ici, ce n’est pas la pluralité des associations mais c’est leur antagonisme. Ça c’est un, de deux, c’est la manière dont on devient chef ici. Au Burkina,  on sait comment on devient chef,  mais en Côte d’Ivoire,  on ne le sait pas. Ces deux aspects liés nous mettent dans une situation difficile. En tant qu’ambassadeur, on est tenu de recevoir tout le monde,  mais en même temps, on est très mal fondé de dire à qui que ce soit que selon les règles de préséance,  il est avant ou après. Ce qui fait que souvent on écoute, et on conseille en attendant de trouver une solution appropriée. Je voudrais rappeler que lorsque je suis arrivé avec les différents Conseillers de l’ambassade et les différends Consuls, nous avons adopté une méthode de travail qui consiste à se rencontrer une fois par trimestre pour évoquer les problèmes de la diaspora et voir comment apporter des solutions. En dehors de ça, il y a au sein de l’Ambassade une rencontre hebdomadaire qui a été instituée. Ce cadre vise à enlever le caractère individuel de la gestion de la communauté. La solution que nous envisageons actuellement après des rencontres avec les Consuls à Bouaké et à Soubré, c’est de mettre ensemble un cadre de concertation. Ce cadre de concertation consulaire va permettre aux différents Consuls d’ébaucher avec les membres de la communauté le traitement de certaines questions dont le problème de leadership. C’est un problème qui est un peu compliqué et délicat. Quand on dit Naaba au Burkina on sait qu’un Naaba a un terroir et que ceux qui sont dans ce terroir sont sous sa responsabilité. On sait aussi qu’un Naaba du Bulkiemdé  ne peut pas commander un ressortissant du Kourwéogo ou de Kaya. En Côte d’Ivoire, on a des Naaba dans des espaces où il n’y a pas que des Mossi. Il y a d’autres ethnies, des Samo, des Dioula, des Gourounsi. Ce qui fait qu’il faut même revoir l’appellation pour voir  comment qualifier les responsables de communauté. Il faudrait qu’on aboutisse dans les discussions que les Consuls vont mener à des règles consensuelles. Quand on va aboutir à ce consensus, les responsables choisis pourraient être considérés comme les responsables de la communauté. Tant que nous n’allons pas aboutir clairement à une situation où on sait la procédure pour être responsables de la communauté on ne s’en sortira jamais. Il y a tellement d’associations et, au-delà du nombre,  on ne sait même pas quels sont les objectifs visés. Pour vous donner un exemple assez illustratif, lorsqu’au mois d’août 2017, il y a eu l’attentat contre le restaurant Istanbul à Ouaga, nous avons ouvert un livre de condoléances. Il y a une délégation qui est venue signer le livre et en partant, elle  nous a dit qu’il y a une délégation qui est en train d’arriver mais de ne pas la laisser entrer. A la limite,  on se demande quel type d’amour ils ont pour le Burkina. Ce n’est pas un problème que nous allons régler en un mois ou en un an. C’est un processus.

A Abidjan précisément, des voix s’élèvent contre vos absences à des cérémonies auxquelles vous êtes invité, sans de surcroit vous y faire représenter. Que répondez-vous ?

Merci de me poser cette question parce qu’elle est récurrente. Je précise d’emblée que ce n’est pas par manque de temps que je ne participe pas aux activités menées par la communauté. Indexer le temps serait vouloir cacher le soleil avec la main. Je vous ai expliqué comment la Représentation diplomatique est organisée en Côte d’Ivoire. Le rôle de l’ambassadeur est d’entretenir les rapports avec le pays d’accueil et les Représentations diplomatiques qui sont dans le pays. Ensuite, il y a les Consulats qui sont chargés de gérer les rapports avec la communauté. Ce qui fait qu’au regard de notre nombre en Côte d’Ivoire on a le Consulat Général d’Abidjan, le Consulat Général de Bouaké et le Consulat honoraire de Soubré qui deviendra bientôt un Consulat Général. On attend seulement que le Consul Général de Soubré soit nommé. C’est donc aux Consuls que les associations doivent adresser leurs demandes de parrainage et en fonction de l’appréciation que les Consuls font, ils peuvent participer ou se faire représenter. C’est comme ça que ça se passe  dans une situation normale où il y a pas de dissension ni de division au sein de la communauté. Les diplomates ont un programme de travail et il y a tellement de sollicitations parfois contradictoires. Ce qui fait que si vous commencez à aller sans être sûr de pouvoir continuer, vous allez dresser la communauté contre vous. Je préfère donc essuyer les critiques de mon absence que de semer  les germes de la division et de la confrontation à l’intérieur de la communauté. J’ai vu sur les réseaux sociaux beaucoup de gens se préoccuper de la réussite de ma mission en Côte d’Ivoire et je les remercie. Mais j’aurais souhaité que ceux qui émettent ces préoccupations puissent interpeller aussi les responsables des associations qui, de par leurs antagonismes, ne favorisent pas l’organisation de la communauté. J’entends des présidents des associations prétendre être des présidents de tous les Burkinabè de la Côte d’Ivoire. Et une fois qu’ils ont parlé, ils interdisent aux autres de parler. On a reçu des associations ici dont les chefs se sont présentés comme les chefs suprêmes de tous les Burkinabè. Je voudrais profiter ici pour dire qu’aucune association burkinabè n’est au-dessus d’une autre en Côte d’Ivoire. Les associations se valent. Ça c’est d’un et de deux, aucun président d’association ne peut se prévaloir du titre de président de tous les Burkinabè. Ça c’est une tentative d’hégémonie qu’il faut dénoncer. Que tous ceux qui sont confrontés à cette situation viennent nous l’expliquer. Pour revenir à votre question, nous restons ouverts dans l’accompagnement quand il y a des activités aussi bien à l’Ambassade qu’au Consulat. Mais nous voulons éviter d’ajouter du désordre au désordre. Du reste, ceux qui comparent la présence de certains ambassadeurs lors des manifestations de leurs ressortissants et l’absence de l’ambassadeur du Burkina, je voudrais qu’ils essaient de voir chez les autres s’il y a autant de divisions comme chez eux.

A Gagnoa,  en avril 2017,  vous auriez soutenu l’installation d’une dame en remplacement du délégué Consulaire, suspendu par le Consul honoraire de Soubré. Ce qui avait créé quelques tensions. Qu’est ce qui s’est réellement passé ?

Je me rappelle du titre de l’article de Informateur.info : «Le premier faux pas de l’Ambassadeur Zongo». Je voudrais vous rassurer que ce n’était pas un faux pas. C’est un acte assumé. Je confirme que j’ai soutenu le Consul honoraire de Soubré, notre doyen, Zoundi Jean de Dieu, dans la suspension du délégué consulaire de Gagnoa, M. Tiendrébéogo Michel. Je vous explique un peu comment ça s’est passé. C’était lors de ma première tournée en octobre 2016 lorsque le Consul a été saisi par d’autres délégués de sa circonscription d’un document qui circulait signé du délégué Consulaire de Gagnoa Michel Tiendrébéogo pour solliciter sur invitation du Consul Honoraire la contribution de la communauté de Gagnoa pour l’accueil de l’ambassadeur qui devrait passer là bas le 20 octobre. Et la nuit que j’allais passer à Gagnoa était budgétisée à 1.705.000FCFA. Je vous laisse le document. Le Consul ayant eu vent de ça m’en a parlé et on a décidé de ne pas dormir à Gagnoa mais à Guibéroua. Le lendemain quand on est arrivé à Gagnoa, il y avait à peine 30 personnes dans la salle. On a tenu la rencontre et on a continué. A la sortie de Gagnoa, il y avait une foule qui nous attendait mais nous ne nous sommes pas arrêtés parce qu’on ne savait pas. C’est le soir que j’ai été informé que la rencontre a été boycottée par la population de Gagnoa parce qu’ils avaient des choses à reprocher au délégué. Je rappelle que le délégué est élu et non nommé par le Consul. Je ne m’immisce pas dans ce processus. Mais le Consul m’a demandé de recevoir la délégation qui souhaitait m’entretenir sur leur situation. C’est en les recevant qu’ils m’ont demandé s’il était vrai que je voulais nommer Tiendrébéogo Michel Consul honoraire. Parce que c’est ce qu’il serait venu dire lorsqu’il était revenu de Ouaga. J’ai dit à la délégation que je n’avais aucun pouvoir de nommer un Consul. Ce sont les prérogatives du Président du Faso. Ils  semblaient soulager et sont repartis. J’ai donc demandé au Consul de gérer la question. Il a convoqué le délégué pour comprendre pourquoi c’est la seule zone où il n’y avait pas eu de mobilisation. Les explications du délégué étaient décousues et,  automatiquement, après il y a eu des lettres de la communauté, le chef de la communauté et le responsable des jeunes et le responsable des femmes,  qui dénonçaient son comportement et proposaient sa destitution. Le Consul les a convoqués pour une réunion de conciliation étant donné qu’un délégué consulaire qui a sa base contre lui, pose problème. Le Consul lui a alors demandé de réaménager ses rapports avec la communauté. Il a refusé. Le Consul a alors proposé de le suspendre. Je lui ai dit qu’il était dans ses droits. Il a alors été suspendu et remplacé par une dame dans l’attente d’organiser des élections pour élire un nouveau délégué. C’est ainsi que M. Michel Tiendréogo a saisi la presse et s’est même rendu à Ouaga. Il a même accusé le Consul honoraire de lui avoir demandé un million FCFA et que c’est suite à son refus qu’il a été suspendu. Ce qui est évidemment  faux. J’ai encore la correspondance qui m’a été adressée par l’ancienne Ministre Déléguée me demandant de lui rendre compte de cette situation. Sa suspension ayant donné lieu à une tension, on ne pouvait pas organiser des élections dans une telle situation. Je voudrais préciser que Michel n’est pas le seul. Il y a un autre dont je ne vais pas citer le nom qui  a reçu un avertissement. Pour moi, c’est la tolérance zéro avec ceux qui servent d’intermédiaires entre l’administration et la communauté. On ne peut pas permettre que des comportements inappropriés prospèrent. Si quelqu’un a des récriminations contre des délégués qu’il nous informe. Nous vérifierons et prendrons les mesures appropriées. Un délégué est l’interface entre l’administration et la communauté, ce n’est pas un roitelet.

Le salut aux couleurs les premiers lundis de mois est l’occasion d’une relative affluence au Consulat général du Burkina Faso à Abidjan, malgré les embouteillages et les contraintes de travail. Pourquoi,  pour des raisons pratiques et de commodité, vous ne le faites pas uniquement à l’intention du personnel de la Chancellerie ?

C’est une question surprenante  parce que le salut aux couleurs est un acte fort. C’est le seul moment  où  on invite la communauté à venir honorer le pays. On n’a jamais contraint quelqu’un à venir. On ne s’est jamais plaint  non plus que quelqu’un ne soit pas venu. L’amour de la patrie peut surmonter les embouteillages une fois par mois. Ceux qui viennent, on les remercie et ceux qui ne viennent pas,  on ne les blâme pas.

Parlons de la Maison du Burkina. Qu’est ce qui coince encore et encore l’avancement et  l’achèvement des travaux ?

Ce n’est  pas que j’ai un certain nombre d’informations, j’ai les informations. Le problème de la maison du Burkina est simple. Pour faire la genèse, l’idée de la construction de la Maison du Burkina a commencé dans les années 90. Le plan a aussi été dressé dans les années 90. Quand en 2014 on a lancé le chantier on n’a pas tenu compte du fait que la configuration de la zone a changé. Entre la conception du plan et le début de la construction, il y a eu des bâtiments qui ont poussé, notamment le siège de la CRAE-UMOA.  L’entrée principale de la Maison du Burkina donnait sur une rue qui s’est avérée,  selon les documents que nous avons reçus,  être une rue privée appartenant à la CRAE-UMOA. Quand le chantier a commencé, ils ont manifesté leurs inquiétudes. Et dans ces manifestations, les investigations faites par les autorités ont fait ressortir le constat que nous avons commencé la construction avec les autorisations mais nous n’avons pas un permis de construire. Le chantier a été arrêté pour défaut de permis de construire. Ce n’est pas seulement la Maison du Burkina qu’on arrête pour défaut de permis de construire. Les gens ont alors spéculé. Certains estiment que ça ne devrait pas être plus haut que la BCEAO. Certains disent que le plan était à 5 étages et nous avons décidé de passer à 10 ou 15. D’autres encore ont évoqué des problèmes d’argent. C’est fondamentalement faux. On a rencontré la BCEAO, la CRAE-UMOA, les responsables de l’urbanisme et je peux vous assurer qu’il y a aucune objection à la construction de la Maison du Burkina. Pour tenir compte du caractère privé de la rue qui nous sépare de la CRAE-UMOA, nous avons fait des réaménagements au niveau de l’entrée. Nous allons introduire dans les jours à venir le dossier pour le permis de construire. Je peux dire à ce jour que tous les malentendus ont été  levés.

Quels sont les critères de choix des personnalités qui reçoivent les décorations ?

Ceux qui reçoivent les décorations ici en Côte d’Ivoire peuvent être proposés, soit par l’Ambassade, soit par le Consulat, ou sont décorés directement sur proposition des autorités au pays. Vous savez très bien qu’on a des compatriotes qui font le lien entre la Côte d’Ivoire et le Burkina. Pour ce qui concerne les critères,  lorsque nous recevons les notifications,  les critères sont les services rendus à la nation ou à la communauté. Il y a le service politique qui apprécie et qui discute avec le Consulat, et,  au regard du nombre de places qu’on nous demande, propose.

Pourquoi,  parmi les personnalités élevées dans l’ordre du Mérite du Faso,  parmi les compatriotes en Côte d’Ivoire,  ne figure jamais un acteur ou professionnel des médias, contrairement à ce qu’on voit au Burkina Faso ?

Vous avez raison,  mais nous n’avons généralement que deux noms à proposer. Dans ces conditions,  vous voyez bien que toutes les professions peuvent réclamer. Ce n’est pas qu’on a décidé d’écarter les hommes de médias, c’est parce que le nombre de décoration ne permet pas de prendre tout le monde en compte. On a des agents locaux qui ont servi et sont partis à la retraite sans recevoir de décoration. On aurait aimé qu’ils soient décorés. Quand vous prenez Soubré et Bouaké, il va être difficile de satisfaire tout le monde.

Excellence, il y a la structure des hommes d’affaires qui est en gestation depuis 2012 et dont l’accouchement semble difficile. Qu’en est-il des difficultés liées à son avènement et est-ce que vous avez soutenu ce club ?

C’est une question qui est très importante parce qu’elle est à l’image de ce qui se passe dans la communauté et mérite que l’on aille à la source pour comprendre et situer  les enjeux. La question du Club des hommes d’affaires m’a été signifiée  par la Chambre du Commerce en décembre 2016 avec la mise en place d’un bureau provisoire chargé de conduire le processus. Et la Chambre du Commerce m’a invité en janvier 2017 à Marcory pour une présentation du bureau provisoire. Comme vous l’avez dit,  c’est une idée qui date de depuis 2012, qui est rentrée en hibernation et qui a été ressuscitée. Nous avons applaudi en les encourageant. Mais comme je l’ai dit,  notre défaut d’organisation fait qu’on ne peut pas capitaliser  nos compétences et nos acquis. Ce qui fait qu’on agit de façon dispersée. A la limite, on ne peut même pas montrer ce que nous apportons à l’économie ivoirienne encore moins au Burkina Faso. Régulièrement, compte rendu m’en a été fait par le représentant de la Chambre du Commerce, M. Tou Seydou jusqu’en décembre où il y a eu un problème à San Pedro. J’ai discuté avec lui au regard de ce qui se profilait et essayé de comprendre davantage. J’ai invité le président du bureau provisoire pour m’entretenir avec lui. C’est là que je me suis rendu compte qu’il y a des divergences au sein du Club des hommes d’affaires. Au delà des problèmes de personnes, il y a deux conceptions différentes de ce club. Ces deux conceptions se sont côtoyées jusque pratiquement à l’accouchement. La première conception, celle qui est portée par la Chambre du Commerce, c’est qu’il faut créer un Club large des hommes d’affaires, des opérateurs économiques sans distinction. C’est-à-dire, un Club de solidarité. La deuxième conception prône une certaine catégorie d’hommes d’affaires, c’est-à-dire, des opérateurs économiques ayant tous les documents requis. Les acteurs de cette conception ne dépasseraient pas  les 200 et 300 en Côte d’Ivoire. Alors que la conception voulue par la Chambre du commerce prend en compte près de 2000 acteurs. L’objectif, c’est de les amener à discuter pour clarifier les choses. Il faut qu’ils s’entendent sur qui peut adhérer et qui ne le peut  pas. Ils devraient aussi s’entendre sur le rôle que le Club doit jouer. Cette clarification permettra aux uns et aux autres de se positionner pour éviter qu’on se retrouve dans un consensus mou où les gens vont se mettre ensemble sans partager les mêmes idéaux. Nous ne souhaitons pas que ce Club naisse avec des malentendus ; qu’il y ait une déflagration dans ce Club.

A deux ans des échéances électorales, pouvez-vous donner l’assurance que cette fois-ci le droit de vote du Burkinabè de l’étranger sera consommé. Vu que le Gouvernement a été remanié et que le Ministre Alpha Barry dont la tête a été mise à prix dans le cadre de l’effectivité de ce vote ne s’occupe plus des Burkinabè de l’Extérieur ?

Le dernier remaniement a consacré la naissance d’un Ministère plein chargé des Burkinabè de l’Etranger. Je m’attendais plutôt à ce que cela soit perçu positivement. Avant c’était un Ministère délégué. Ce n’est donc pas un retro pédalage. C’est un signe qui montre tout l’intérêt que la diaspora a aux yeux du Président du Faso. A toutes les occasions,  quand il prend la parole, il réaffirme la place importante que la diaspora a jouée dans la construction du Burkina Faso. De ce point de vue, je voudrais vous inviter à réécouter le message de fin d’année du Président du Faso. Il a dit que la politique étrangère du Burkina Faso n’est pas modifiée. La question du vote est essentielle mais ce ne sont pas des questions structurantes. Le vote du Burkinabè de l’Extérieur est un acquis constitutionnel. C’est une fois tous les cinq ans. Mais entre les cinq ans, il faut s’occuper des Burkinabè de la diaspora. Et le travail qu’il nous a demandé,  c’est de faire en sorte que les Burkinabè de l’Extérieur puissent solidifier leur position économique, professionnelle, pour pouvoir se prendre en charge. C’est cette capacité à se prendre en charge qui va leur permettre de contribuer au développement du Burkina. Mais si on focalise uniquement le débat sur le vote, c’est comme si après le vote on les oublie. Il y a une cohérence dans ce que le  Président du Faso fait. J’entends souvent dire que le Burkina a oublié ses enfants qui sont à l’extérieur. Ça peut se discuter et ça se discute d’ailleurs.

Est-ce que vous avez des canaux à l’approche de 2020 pour leur dire cela ?

Nous n’attendons pas 2020, parce que pour nous 2020 fait partie  de l’ensemble des actes que nous posons. Nous n’avons pas  un calendrier électoral ici à l’Ambassade. Pour nous,  2020 fera partie  des étapes de la vie de la diaspora. Il faut travailler à ce qu’après les élections on ne dit pas qu’on attend 2025. C’est dans ce cadre que j’ai parlé de la création du cadre de concertation consulaire. Les objectifs que la Représentation vise vont se discuter avec la communauté. Les Burkinabè d’Abidjan ont tendance à croire que le Consulat ne joue pas un rôle important et viennent vers l’Ambassade. Et ceux qui sont à l’intérieur que diront-ils? C’est normal qu’il y ait des incompréhensions mais notre devoir c’est d’expliquer et de sensibiliser pour lever ces incompréhensions.

Au lancement de la carte consulaire format carte de crédit, l’objectif fixé était d’atteindre l’enrôlement de 3,5 millions de Burkinabè en 2020. Quelles sont aujourd’hui, les statistiques à mi-parcours ?

Je voudrais préciser que ce n’étaient pas 3.500.000 mais 3.050.000 Burkinabè à enrôler de façon intensive entre 2013 et 2015. Selon les informations dont on dispose à la date du 31 décembre 2017, on était à 952.454. Voilà le chiffre exact du nombre de Burkinabè enrôlés.

Au coût de l’établissement de cette carte se greffe une contribution de 1.500 FCFA pour l’érection de la Maison du Burkina, une disposition qui semble aujourd’hui impopulaire, de sorte que certains  demandent sa suspension. Cette requête a-t-elle des chances d’être satisfaite ?

C’est un décret interministériel qui a fixé le coût de la carte consulaire. Ce décret a été signé par le Ministère des Affaires étrangères, le Ministère de l’Economie et des Finances et le Ministère de l’Administration Territoriale. Ce n’est pas nous qui fixons le coût. Mais pour la petite histoire, cette contribution a été initiée dans le cadre de la construction de la Maison du Burkina. Au regard des récriminations qui ont été faites, lors de la rencontre de la communauté avec le Président du Faso lors du TAC en 2016 à Yamoussoukro, une sollicitation a été faite pour davantage comprendre l’état de cette contribution. Et au mois de décembre 2016, nous avons reçu une mission de l’ASCE-LC qui devrait auditer les «1500». Nous attendons jusqu’à ce jour le rapport de cette structure. J’espère que ce rapport va permettre de clarifier la situation et permettre à chacun de comprendre. Je ne peux donc pas dire si les «1500» vont être supprimés ou pas dans la mesure où c’est un décret interministériel qui fixe le coût de la carte consulaire.

Il y a aussi le délai de délivrance de la carte censée se faire en  72 heures. Il se trouve que l’attente dure une semaine voire plus pour les requérants. Qu’est ce qui explique cela et quand est-ce que ce délai sera respecté !

Il faut situer ici les 72 heures dans leur contexte et dans le processus d’établissement de la carte consulaire. Il faut faire la part des choses entre ceux qui sont enrôlés directement dans les locaux des Consulats et ceux qui sont enrôlés par des équipes mobiles. Une fois que l’enrôlement est fait, SNEDAI attend que la validation soit faite par le Consul et ce n’est qu’après la validation que le processus est déclenché. Lorsque le problème de retard a été posé,  j’ai pris attache avec SNEDAI qui a effectivement reconnu qu’entre l’enrôlement, le traitement et l’attente de la validation, il peut y avoir des délais auxquels il faut ajouter des capacités de connexions. Ils sont là, vous pouvez leur demander, SNEDAI est dans un processus d’acquisition de matériel performant pour résoudre ce problème. Au delà du problème du délai, il y a eu aussi le problème de la qualité de la carte. Quand ce problème a été posé, nous avons pris attache avec la structure qui a reconnu qu’il y a eu un lot de papier qui était défectueux. Ils ont même pris l’engament, en demandant à tous ceux qui avaient des cartes défectueuses,  de les ramener pour qu’ils procèdent au changement sans coût supplémentaire. Il y a aussi eu d’autres problèmes,  notamment le fait que certains aient payé sans pour autant recevoir leur carte. C’est une association, notamment le CAMJBCI, qui est venue un jour ici nous voir avec 150 ou 160 récépissés de personnes qui ont payé mais qui n’avaient pas reçu leur carte. J’ai pris les documents et j’ai convoqué l’opérateur qui après vérification s’est rendu compte que le nombre était bien plus, autour de 500 cas. Aussitôt, l’opérateur a procédé à la délivrance des cartes. Nous avons voulu situer les responsabilités pour savoir si c’étaient les agents consulaires ou l’opérateur. Il s’est avéré que c’étaient les agents de l’opérateur qui étaient à la base de ce problème. Je profite pour saluer la démarche du CAMJBCI parce que ce que nous souhaitons,  c’est  que quand il y a des problèmes, on nous apporte les preuves.

La carte consulaire va t- elle ou peut-elle servir au recensement des Burkinabè en Côte d’Ivoire ?

Ce n’est pas la finalité de la carte. La carte consulaire est un document exigé par la Côte d’Ivoire pour les non-nationaux qui résident en Côte d’ Ivoire et qui sont de l’espace CEDEAO. Le recensement de la population  ne fait pas partie de ce qu’on attend de l’opérateur de la carte consulaire. Il s’agit ici d’être en conformité avec les règles de la CEDEAO. Cette réglementation est appelée  à évoluer avec l’entrée en vigueur de la carte d’identité CEDEAO.

Le caractère non biométrique de la carte consulaire revient constamment lors de certaines opérations et pose des désagréments  à ses détenteurs. Pouvez-vous nous rassurer  sur ce point ?

Je vais vous répondre et l’équipe de SNEDAI ici présente vous fera la démonstration. Je réaffirme que la carte est biométrique. La biométrie, ce n’est pas la puce. C’est être capable d’intégrer des informations sur la personne dans la carte. Si vous allez par exemple dans les supermarchés, il y a des codes-barres. La biométrie c’est quand il y a des informations codées qui peuvent être lues par des logiciels. La carte consulaire est donc biométrique et sécurisée. Je mets au défi quiconque d’apporter la preuve d’une personne ayant deux cartes  produites par l’opérateur avec des informations différentes. Ou encore une pièce utilisée pour produire des cartes différentes. Ce n’est pas possible. S’il y a des personnes qui possèdent ce genre de preuves,  je leur suggère de passer par vous (les journalistes, ndlr) pour qu’on procède aux vérifications. J’ai invité l’opérateur pour qu’il vous fasse la démonstration que la carte est bel et bien biométrique.

                                                                                                                                                                                                           Entretien réalisée par  Emile et Alexandre ILBOUDO

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